Private Equity 2026 : Reprise stratégique et conviction sur le segment intermédiaire
Après deux années de performance en demi-teinte, les marchés privés montrent des signes tangibles de reprise. Portée par l’assouplissement des politiques monétaires et l’amélioration des conditions de liquidité, l’année 2025 a connu un rebond significatif de l’activité. Selon Pitchbook, la valeur totale des transactions en private equity a atteint 595,5 milliards de dollars au troisième trimestre 2025, soit le niveau le plus élevé depuis fin 2021 et le deuxième plus important de la décennie. Aux États-Unis, le volume des sorties a progressé de 22,4 % par rapport au trimestre précédent, marquant la première hausse significative depuis 2021. En rythme annualisé, les volumes de sorties devraient largement dépasser ceux de 2024.
![]() | Carine Hermon Responsable de la distribution des Private Assets, Banque Lombard Odier & Cie SA |
![]() | Laurent Pellet Limited Partner, Global Head of EAM, Banque Lombard Odier & Cie SA |
Une reprise prudente mais prometteuse
Malgré cette dynamique, la levée de fonds demeure modérée. Le ralentissement des distributions en 2023 et 2024 a conduit les investisseurs institutionnels à concentrer leurs engagements auprès d’un nombre restreint de gestionnaires, souvent déjà présents dans leurs portefeuilles. Dans ce contexte, les co-investissements gagnent en popularité : ils offrent une meilleure efficience en matière de frais et un accès direct à des opportunités à forte conviction. Ce mouvement reflète une tendance plus large vers des allocations plus sélectives, fondées sur la relation.
Le segment intermédiaire : un terrain fertile pour la création de valeur
Dans un environnement marqué par une dispersion croissante des performances entre stratégies et gestionnaires, le segment intermédiaire s’impose comme un pilier stratégique. Ce segment, qui regroupe les entreprises valorisées à moins d’un milliard de dollars, présente plusieurs avantages distinctifs :
- Des points d’entrée plus attractifs : les valorisations y sont généralement plus raisonnables que dans le segment large-cap, permettant des investissements à des multiples plus faibles avec un potentiel de revalorisation plus élevé.
- Un potentiel accru d’alpha opérationnel : les entreprises du segment intermédiaire offrent souvent davantage de leviers de transformation — digitalisation, expansion géographique, optimisation opérationnelle. La granularité de ce segment permet de cibler des niches spécifiques et d’affiner les stratégies. De plus, la proximité avec les équipes dirigeantes facilite la mise en œuvre de plans de création de valeur ciblés, co-développés avec le management.
- Des options de sortie plus nombreuses et plus flexibles : contrairement aux grandes transactions, souvent tributaires des marchés publics ou de quelques acheteurs stratégiques, les entreprises du segment intermédiaire peuvent envisager une variété de scénarios de sortie — cessions industrielles, rachats secondaires, recapitalisations ou véhicules de continuation — offrant une plus grande agilité à travers les cycles de marché.
L’accès à ces gestionnaires permet également de participer à des co-investissements de qualité, favorisant un déploiement agile du capital et une meilleure adéquation avec les objectifs de création de valeur à long terme.
Co-investissements : catalyseurs de performance et d’alignement
L’accès à des co-investissements de qualité constitue un avantage stratégique majeur dans le segment intermédiaire. Ces opérations permettent aux investisseurs professionnels d’accroître leur exposition à des transactions attractives tout en optimisant les coûts grâce à la réduction des frais de gestion et de performance. Elles renforcent également l’alignement avec les gestionnaires, notamment lorsqu’ils sont sélectionnés pour leur expertise sectorielle et leur rigueur d’exécution.
Dans un marché où la capacité à sourcer, analyser et exécuter rapidement devient un facteur de différenciation, les co-investissements offrent une flexibilité précieuse. Ils permettent également un rythme de déploiement du capital plus adapté, fondé sur des opportunités concrètes plutôt que sur des calendriers de levée de fonds prédéfinis.
2026 : vers une réexposition sélective et disciplinée
À l’approche de 2026, les investisseurs professionnels devront conjuguer prudence et réengagement stratégique. Dans un paysage marqué par l’incertitude macroéconomique et une dispersion accrue des performances, la sélection des gestionnaires et l’accès aux meilleures opportunités primeront sur une exposition large au marché.
Le segment intermédiaire s’affirme comme un moteur central de performance dans les portefeuilles de private equity. En combinant valorisations attractives, potentiel de création de valeur et opportunités de co-investissement, il répond aux exigences croissantes des investisseurs institutionnels en matière de sélectivité, d’alignement et de rendement net. Dans un monde post-2025 en pleine transformation, des allocations disciplinées et des relations solides avec les gestionnaires constitueront les fondations d’une performance durable.
Biographies
Carine Hermon est responsable de la distribution des Private Assets au sein de Lombard Odier & Cie SA (Banque Privée). Elle a rejoint Lombard Odier en 2021. Avant de rejoindre la Banque, Carine a travaillé chez CA Indosuez Wealth Management, où elle a été responsable des Solutions d’Asset Management et des relations avec les investisseurs en Private Equity. Préalablement, elle a été banquière en charge d’un portefeuille d’entreprises internationales basées en Suisse. Carine a commencé sa carrière à Paris, au Crédit Lyonnais, en fusion acquisition. Elle est titulaire d’un Master 2 en Ingénierie Financière à l’Ecole Supérieure des Affaires de l’université Paris XII, et d’un Master 1 en Finance et Informatique à l’université Paris Dauphine.
Laurent Pellet a rejoint la Banque en 2017 et pris la responsabilité du département des gestionnaires de fortune externes pour le Groupe en 2018. Après ses débuts chez Ferrier Lullin & Cie SA, il a occupé diverses fonctions chez Banque Julius Baer durant plus de 20 ans. Il est titulaire d’un Diplôme en Gestion quantitative de fortune de HEC Genève, d’un Diplôme en Droit de la finance digitale de l’Université de Genève et de la CWMA.

